Sang Titre

Sang Titre
Tour.


Prisonnière.


Saisie.


Aime.


Est.


Âge.


Fenêtre.


Ciel.


Je crache, là-haut, si basse, une existence chaotique, vomissant mon histoire pathétique.


Extraits d'une vie banalement unique.


Désordre volontaire.


Bientôt...


Désormais testamentaire.


Si tard...


Juste, volons, désopilant phare.


Seulement, jugeons, fous, piétinons, Feu, ma méprisable trajectoire.


Coup.


Rage.


Lecture chiante et déprimante garantie non remboursée.


Les textes sont miens, chaque photo également. Je m'expose, aux différentes périodes qui m'ont engloutie, puis dégueulée, aux nombreuses uniques années que j'ai escaladé, chaque photo illustrant la date et l'âge indiqué dans le titre.


Silence, le sang en sera davantage puissant.


Laissez voler, et riez, j'entends en attendant.


Merci.


Aussi vrai que je mens.


Tellement faux, que mes larmes pétillent, à travers mon sourire luisant.


Mais, mon âme, longtemps, n'est qu'un semblant.


Et peut-être, pourtant, je crois, sensation ambiguë, dénuée de sentiment, que je vous aime vraiment.







# Posté le mercredi 09 juillet 2008 02:12

Modifié le jeudi 10 juillet 2008 18:57

Janvier/Février 2004 - Onze Ans...

Janvier/Février 2004 - Onze Ans...
C'est triste, en fait, parfois, d'être reine, lorsqu'on chute longuement du trône démoniaque.


Tu mangeais, un peu.


La cantine, une fois, un jeudi, je crois. Car, soudain, pourquoi devais-tu atteindre la règle ? Tu défiais ton pouvoir, car tu avais faim.


La choucroute, tu te rappelles ? Avant la piscine, monstrueusement dégueulasse, sans doute, désormais, et pourtant, exclu du luxe de ta faible prison, si bon.


Après, la prof d'histoire. Les grosses lèvres, rouges, ou violettes, dont l'obscène éclat explosait ta perfection glacée et translucide.


Les problèmes, en début d'années. C'est cela, oui. Genre.


Mal au ventre, le pain, la cantine jaillie, et, peut-être, après, aussi, l'infantile honte maternée. Marcher, tourner parmi les meubles détestés, main sur un ventre étranglé, encore, davantage désorientée, encore, marcher.


Les morceaux souriants, l'assiette pitoyable éparpillée, partage inondé, bienveillance insouciante et joyeuse, j'ignore l'exact. Et la pomme miraculeuse, tu sais, j'ai oublié. 15 heures, tu te souviens ? Maussade, irritable. Jaune et répugnant. J'ai mal au goût, t'avais osé l'accepter, puanteur triste cauchemardesque, simplement.


Et Papa, c'était l'ancien présent ? La brosse, giclée. Le canapé violent. Fessée, laide, protection close, là-bas, collée, écrasée sous ton lit perdant.


Pleurer, peut-être, sale hystérique.


Gémir, il frappait, vraiment. Vite. Bouffer, attendre, comateuse folle.


Taille fine, le matin. Mon thé, monter. Un peu, juste. Pas d'hospitalisation. Tourner, enfermée derrière le pâté de maison. Engueuler Anglais. Théâtralisme, pauvres profs. Là, était-ce vrai ?


Méchante et grande, longuement aiguë, sévèrement glacée. Balance miroitant l'indifférence, tous les quinze jours, je pense.


Avant le dîner, juste, seulement. En lisant.


Tristement moche. Pathétique innocente.


Une fugue, ah oui. Tourner et tourner, traîner au lit. Matin contraignant. Plutôt, Levée, plus tôt, aussi.


Et puis, le yaourt, progressivement. Dégoulinant de fond. Une fois, la voisine, et furieusement honteuse, avocate des tailles fines.


La crise, c'était par ce temps, il me semble. Pleine de sauce tomate insatisfaite. Caprice cassé. Les assiettes, par terre. Et la gardienne, l'escalier. Sa fille en pension, ridicule, inverse ascension, tombée.


Pleurer, peut-être, sale hystérique.


Partir, sans doute, fausse prétention secrètement authentique.


Lundi 29 Décembre 2003


Cette nuit, j'ai rêvé que j'étais au collège avec Valentine, une de mes amies.
Nous allions à la cantine (qui ne ressemblait pas du tout à la vraie) et nous tombions sur un surveillant horrible. Il avait des cheveux longs qui lui tombaient sur les épaules, un long nez et il s'exclamait d'une voix roucoulante :
- "Ma douce !"
Nous ne pouvions pas nous rendre à la cafétéria pour prendre notre repas alors nous grignotions des bonbons et je me disais : "si je ne mangeais jamais à midi, je serais toujours comme Valentine".
Puis le surveillant se transformait en psy et ma mère m'obligeait à y aller. Mon père était contre mais elle ne nous écoutait pas. Je me rappelle qu'il me faisait du mal et que je la suppliais de ne pas m'emmener le voir.
Un jour, je devais lui parler au cours d'une réunion d'adultes, dans une espèce de salon. J'étais en robe et me sentais très mal à l'aise. Je tremblais, j'avais des vertiges, alors je m'agenouillais, sachant que c'était impoli mais ne pouvant me relever. Je déclarais :
- Je n'aime pas Vincent.
C'était son nom.
- Vincent qui ? s'exclamait-on avec horreur.
- Je ne connais qu'un Vincent, répondais-je.
Et, au lieu de me prendre une heure, il m'en prenait deux.
Et ma mère, dans une cage d'escalier, me susurrait :
- Vas-y, ma chérie, vas à ta souffrance...
- Au secours !
Il se transformait en ce cinglé de psychiatre, T, que je haïrai toute mon existence.


# Posté le jeudi 10 juillet 2008 19:54

Modifié le mercredi 23 juillet 2008 21:45

Eté 2008 - Seize Ans.

Eté 2008 - Seize Ans.
Mercredi.


Le matin, rien. Inconscient. Merde.


Au déjeuner, je me rappelle, je pensais à la Morsure et j'étais triste. Vite fait, mal fait, peu d'appétit, échouée, coulant dans mon look supplié, robe grise comme un ciel usé.


Névrosée, ou quoi. Comment, oui, fière, parfois, d'être polie. Laver mes dents, encore. Je m'en fous, c'est pas grave. Maquillée, non. Encore ma flemme, et si je pleurais, quand même. J'ai oublié le temps. Battements fiévreux, impatience désespérée, parfois, tachycardie paresseuse, je ne suis plus excitée.


La voiture. James Blunt, je m'en souviens. Chaleur, je crois, en fait. L'appareil photo, dans mon sac. Taché de mélancolie frénétique, détestable nostalgie. Rose bavé.


Je comptais les étages. Souvent six. Sept, parfois. Et huit, là. Je ne pleurais pas. Cerveau gémi, et si froid, tu vois, que j'en brûlais.


Et puis, la Maison Verte. Rupture évaporée. Je descends, avant, j'escalade un passé pervers, les marches décisives de l'après.


Vanessa, arrêt. Sourire pleuré, reflet. Transparent, apparemment. Ah non, fatiguée. Une belle jeune fille, il parait. Très moderne. Attention, crainte froissée, je voudrais. Converses claquées, trop silencieuses.


Et Béatrice, comme l'autorité du temps nous a changé. Tu m'as sourit, j'espère croire. Je m'en fous, tu sais, je suis, juste, différemment identique, une patiente impatiente. Des clones uniques, pauvrement distingués. Alors, t'inquiète, je nous ai aimé, l'année tachée, t'es gentille, toujours, dans mon esprit amère et révolté, belle et pure, je t'assure, parmi mon âme trouée.


Et puis, sur la chaise, mollement floue, j'ai pleuré, un peu. Expression forcée, sans doute, mais la détermination apeurée m'y contraignait. Vitre vide, au loin par la vie trop près.


Cachée derrière le magazine, et Maman, elle lisait. Je l'aime, brusquement, parmi la haine électrocutée. Chagrin, c'est beau, doux comme le matin qui sommeille en mon sourire fané. Et je t'aime tant, Maman, je t'ordonne de me croire. Regarde, longtemps, capture notre miroir. Magnifique courage, sublime lutte envolée. Les anges sourient, aussi, tu sais.


Il sort du couloir de la mort. Mais pourquoi, déshabillé, injustement privilégié ? Médecin, accepté. Mais oui, fantasme clairement négligé. Quand même, intérêt jaloux et brouillé.


Il s'est coupé les cheveux. Si, c'est mon tour. Je souris, vert, je suppose, exposition tentée. Regard vers la pureté strict. Intact, tranquille impact.


Comment ça va, monocorde. Bien, je répond, profondément contradictoire. Prière paradoxale. Amitié excitante. Je bourdonne parmi ma sincérité lasse. Négation honnête et impulsive. Abandon, je rugis.


Elle rêve d'être malade.


Sans capter, comme un phare trompé, diagnostic injustement démasqué, lumière égarée, faible erreur, lourde fausse lueur, mauvaise couleur.


Mais elle EST malade. Je me cache derrière l'attaque, meilleure défense des lâches. Blessée par l'incompréhension, hypothétique réflexion, la vérité n'est qu'un fond.


Je le déteste, lorsqu'il est méchant. Mais je l'aime tellement, quand il sourit. Grand psychiatre par l'insolente. Je l'adorais, à travers ma tristesse plaintive. Mes cousins, je ne peux pas, j'ai supplié. Et bien, vous revenez. Et mal, je vous implore de m'aider. La Morsure, je désirais en parler. La Morsure submergeait ma planification effrayée, ma défiance lasse, ma persévérance ratée. Maturité structurée. Il parlait de psychiatrie, de chirurgie, de pied. L'excitation épuisée, sous ma peine, remerciait. J'étais flattée, son humour amplifiait ma fierté, ouverture reconnaissante, gratitude tendrement appréciée, tellement touchée par notre récente complicité. La Morsure bouillonnait intensément, et ma voix cassée comme une craie éclatée. Je voulais en parler, je voulais en parler. Préméditation regrettée, survie suppliée. Et là, je sais, j'ai pleuré.


Larmes vraies, enfin, désespoir traduit. Sans contrainte, sans travail. Crachant sur les gouttes du robinet cinématographique. Dépassant l'actrice, imposant le spontanément tragique. Il était si gentil. Pourquoi je résistais. Mais après, bien sur, il m'écouterait. Comme je peux. L'internat, encore, mais peu m'importait, j'étais désespérément libérée, purifiée par ma tristesse.


Ma mère, ensuite. Légère agressivité honteuse. La Morsure battait, serrée. J'avais mal à la réalité. Cours, école, lundi matin, vendredi soir. J'avais bien, cocktail douloureusement délicieux, j'avais bien à l'expression de ma peine. Les larmes étaient justement sincères. Pas de crise, pas d'hystérie. Juste une douleur ouverte, juste un sang plein de sens débordé.


J'oubliais de le deviner, les larmes m'assourdissaient. Protection sucrée. J'étais heureuse de pleurer.


Et puis, bien trop tôt, fini. Bonnes vacances, et mes larmes ont sourit.





# Posté le jeudi 10 juillet 2008 21:56

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 02:42

Eté 2004 - Douze Ans...

Eté 2004 - Douze Ans...
Devant le fleuriste. Prostitution. Mendier, partout, hurlant, péniblement silencieuse, tes poches pleurées.


Les peluches, les bonbons, les rires hypocritement cruels, tu t'en rappelles. La piscine, encore, l'eau glacée grillant tes larmes acides.


Le soleil étranglait tes rides pleine de sang, et la mélancolie rugissait faiblement ton rire d'enfant.


Pleurer, encore pleurer sur l'été tremblant, pleurer sous tes mensonges implorants.


Compter les bâtons, dégoulinant seulement, mais tellement fondant, dans une langue mort-vivante.


Livre écrabouillé par la puissance perverse de ta répugnante drogue. Jouer aux espions, dans l'escalier.


Les larmes, encore, et tu ries tellement. Couchée, sous le sol, crispée par le sans plein, et vomir ta peine, transpiration abondamment transparente, incurable douleur inconnue.


Le collier de bonbons, retiré. Et la tête, dans l'eau, sautée. Mais les poumons, là-bas, suffoqués. Tu n'avais pas la force de te sauver. Tu as osé respirer. Fuite échouée. Intolérable secret. Pleurer tellement, incapable de succomber à ton incapacité.


Pleurer tellement, dans la baignoire écorchant ta vie. Pleurer tellement, l'âme vieillie prématurément. Pleurer tellement, mais la moustache, et les croissants. Sans blanc. Pleurer tellement, t'avalais pas assez rapidement. Le cours de tennis, mais avant, seulement, juste, avant, parmi les rires des inconscients, devant tes pleurs animés par l'espoir caressé d'un projet définitivement apaisant, uniquement, avant, l'écho d'une table parfaitement douloureuse, dans tes yeux frétillants.


Pleurer tellement, tellement, l'absence de vent du temps.


Pleurer seulement d'être vivant.


"
Vendredi 18 Juin 2004


J'ai ressenti :


-
Matin : La sensation de ne pas avoir assez mangé. De la tristesse pour Alexia mêlée de dégoût pour l'attitude que j'ai eu envers elle.


-
Midi : De la joie de regarder un film sur les homos, un autre chose que je ne pourrai jamais expliquer.


-
Après-midi : De la honte. De la peur. Des questions sans réponse se bousculaient dans ma tête.


-
Soir : Un désespoir terrible. Quand je me suis mise à pleurer parce que je voulais voir le foot, en fait je pleurais pour tout le malheur, la honte et le stress que j'avais accumulé. J'ai cru que j'allais enfin pouvoir tout dire mais c'est tellement difficile. Tout en écrivant je pleure de honte et de douleur. Qui aurait cru que ça m'arriverait à moi... J'ai l'impression d'être une autre. Et je préférais celle d'avant. Ce que je voudrais repartir à zéro. Je suis si malheureuse."

# Posté le vendredi 11 juillet 2008 03:35

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 05:51

Juillet 2008 - Seize Ans.

Juillet 2008 - Seize Ans.
Et se réveiller à 22h30, c'est triste, quand ma nuit blanche s'habille en noir, la Morsure saigne mes yeux lâches.


Faut Sang Blanc. Le ciel m'éblouit, fraîcheur tranchante. La fenêtre ouverte, légère, sur la fin du monde. Un temps courbé par la jeunesse, étouffant l'excitation déçue, dévoré par une faiblesse accrue.


Quand les rêves plongent dans l'océan de ma tristesse.


Je dois téléphoner. La flemme. Chaque contrainte amplifiée par la saleté de mon âme inadaptée. Traîner, parcourir chaque trésor moisi, encore, bailler pour la survie.


Sanglot rouge. Hurlement intensément libre. Vol sublimement extrême. Explosion douloureusement apaisante.


Quand les rêves nagent dans l'océan de ma tristesse.


Aucune bouée, aucun navire à l'horizon. Flotter dans l'atroce lenteur, pleine de vide englouti. Ils nagent dans un ouragan tendre de larmes bleu ciel. Ils nagent, encore, un peu humides.


Je le fantasme, éclairé par ma terrible douleur. Il écoute. Il parle de la Morsure, il pose les Questions. Il écoute. Je salive la vérité, doucement. Baver l'authentique, courageusement fragile. Il écoute. Notre clin de sourire. On s'écoute. Assis, près d'un lit captif mais captivé. Couchée, et lui, tout près. Non, je veux mordre un nuage frai.


Quand les rêves coulent dans l'océan de ma tristesse.


# Posté le vendredi 11 juillet 2008 04:17

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 04:43